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Addiction et santé mentale : comment ne pas perdre le fil ?

Témoignage, outil de repérage, conseils pour aidants et professionnels

Quand une personne fait face à une addiction et à un trouble psychique, les repères s’effritent vite. Pour la personne concernée, bien sûr. Mais aussi pour l’entourage et les professionnels. Comment accompagner sans se perdre dans la complexité ? Comment maintenir le lien sans s’épuiser ?Et surtout : comment garder le fil du sens, du soin, de la relation ?


Un témoignage du terrain

« J’ai arrêté l’alcool pendant 3 mois. Tout le monde m’a félicité. Mais à l’intérieur, je me sentais vide. Mon anxiété est revenue puissance dix. J’ai fini par replonger. Pas parce que je ne voulais pas m’en sortir. Parce que je n’avais plus rien pour tenir. »— Maxence, 32 ans, accompagné en addictologie et suivi en psychiatrie

Ce témoignage, je l’ai entendu sous différentes formes, chez des personnes que j’accompagne. Derrière l’arrêt d’une consommation, il y a des fragilités sous-jacentes : troubles anxieux, épisodes dépressifs, troubles de la personnalité, vécus de dissociation…


Ne pas perdre le fil… c’est déjà repérer ce qui se joue

Voici un outil simple pour faire le point en situation de comorbidité, que l’on soit aidant ou professionnel :


Grille de repérage : 4 dimensions à observer

Dimension

Questions à se poser

État psychique

Présence d’angoisses ? Délire ? Variabilité rapide de l’humeur ? ...

Usage de substances

Quels produits ? À quelle fréquence ? Dans quel but (apaiser, dormir, oublier...) ?

Lien social

Isolement ? Conflits familiaux ? Repli ?

Accès aux soins

Y a-t-il une prise en charge psychiatrique ? Une reconnaissance de l’addiction ?


L’objectif n’est pas de tout comprendre. Mais de rester en lien, de poser des jalons, d’aider à relier les aspects du vécu.


Quelques conseils clés pour aidants et pros

Pour les aidants :

  • Ne pas chercher à “sauver” seul·e, mais être un point d’appui stable.

  • Favoriser les espaces de parole, même informels.

  • Se protéger : écouter sans se faire aspirer.

Pour les professionnels :

  • Travailler en lien avec les autres intervenants (psy, addictologue, éduc, médecin…).

  • Proposer des outils concrets : carnets d’auto-observation, rituels d’ancrage, tableaux d’humeur.

  • Accepter l’instabilité comme donnée du processus : on avance parfois par cycles.


Rester ancré·e dans la posture éducative

Face aux comorbidités, il est tentant de se focaliser sur le trouble visible. Mais l’approche éducative propose une autre voie :

  • Créer un cadre sécure, stable et non jugeant,

  • Travailler avec ce que la personne peut, aujourd’hui,

  • Restaurer la capacité à choisir, même des petits choix,

  • Soutenir l’émergence d’un projet de vie… même en pointillés.


Pour conclure

Addiction et trouble psy ne s’excluent pas. Ils coexistent souvent. Et cela ne doit ni isoler, ni désengager, ni désespérer.

Tenir le fil, c’est parfois juste rester présent·e, même quand tout semble flou.

Besoin de soutien, de formation ou de co-construction autour de ces thématiques ? Je propose des accompagnements individualisés et des outils adaptés.

07 83 77 40 05


Emilie


 
 
 

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